Les désaxés

by Marco Moustache

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released December 10, 2015

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Marco Moustache Paris, France

Proësy groove...

Entre slam et jazz, hip hop et chanson, piano et batterie, quelques grammes de sourire, quelques larmes de rire, quelques drôles de drames et profonds soupirs se cachent derrière la moustache.

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Track Name: Comme une fille
« Comme une fille ». Avant il y a un verbe humilié,
Un verbe au régime, trop maquillé.
Jamais plus haut que ses escarpins ;
Entre deux chromosomes X il n’a pas l’air malin.
(t’as pas que deux chromosomes X,X,X…)

« Comme une fille » c’est un peu nul,
Ridicule.
C’est mignon
Mais c’est con.
Ca reste en surface,
Ca n’a pas sa place,
C’est plein de légèreté,
Plein de naïveté,
Plein de sensibilité…
Plein de péché,
Plein de tentation,
Ni sujet, ni objet
De réflexion…

Je marche « comme une fille ».
J’irai loin. J’connais mon chemin.
J’ai pas besoin qu’on m’tienne la main.
Mains dans les poches.
Ecoute les cloches
Sonner le glas d’un masculin plein de reproches
Quand mon féminin se rapproche d’un genre humain.
Je cours « comme une fille ».
Après le temps.
Beaucoup de gens pensent qu’il s’écroule dans mon ventre sans enfant
Mais il s’écoule - dans mes veines y a pas de sang,
Rien que des rêves, une foule de rêves coulant, gonflant mon palpitant.
Bien vivant. Plein le temps.
Tant pis si à mon enterrement
Mes rêves n’ont pas de survivants.
Je joue « comme une fille ».
Avec les mots
Et t’as pas mon style ni mon stylo hostile
A ton ciboulot stérile.
Egocentrisme et phases faciles ;
Tes rimes oscillent entre ta bile de macho, ton babillage d’MC puérile qui va au pot dans son micro.
Je vis « comme une fille ».
Comme je veux.
Où je veux marcher puis courir.
Quand je veux jouer ou rougir.
Si je veux pleurer pour grandir
C’est comme je veux ;
C’est comme une fille qui s’rait heureux.
Track Name: Les désaxés
Vas-y, regarde bien droit dans la norme.
Les désaxés ont dépassé leurs limites et tes bornes.
Quand tu t’es arrêté savais-tu que sur le parcours
Apprendre à vivre, vivre d’apprendre n’est pas question de demi-tour.
Sur la route j’me suis perdue exprès pour rencontrer les autres
Et ensemble on s’est perdu pour mieux se retrouver soi-même
Car le seul moyen d’apprendre n’est pas d’rouler dans la moyenne ;
Vivre plus vite, aimer plus loin, tant pis si on se vautre.

Vas-y, regarde bien droit dans la norme.
Les désaxés sont détaxés de ce petit uniforme.
Quand tu l’as enfilé t’es-tu posé la question :
Être quelqu’un, être heureux, n’y a-t-il qu’une seule façon ?
Un costume pour tous et tous dans un costume ;
Ca déguise les échecs et surtout ça masque la peur.
Tu trouves ça confortable mais quand sonnera ton heure
On ne te délivrera pas des rêves à titre posthume.

Vas-y, regarde dans ton uniforme.
Les désaxés sont détachés de cette vision de borgne.
Tu jettes un œil sur les autres, le même dans ton miroir
Mais crois-tu mesurer un être grâce au verbe avoir ?
Code-barre-haute-couture !
Laisse l’étiquette et prends un selfie
Et pour ton âme laisse le cyclope Facebook en fixer le prix :
Quelques « j’aime » ; tu as la cote ! Art de haute suture…

Vas-y regarde du haut de ton uniforme.
Les désaxés sont effacés par cette lumière morne
Qui éclaire ton esprit d’une sorte de vérité de masse ;
Et la tienne de vérité, quand est-ce que tu la regardes en face ?
Mais vas-y, regarde-nous du haut de ton uniforme.
Les désaxés vont réveiller toutes ces questions qui dorment.
A coups de désespoir casser cette fausse humanité
Qui avance dans le noir de l’empathie télévisée.

Désaxée je suis chiante mais pas autant que ta vie.
Sur cet axe pas la moindre trace d’un rêve ou d’une envie,
Sur ta face le dessin de tes méprisants grands airs ;
Ils sentent pas bon, tu courras jamais aussi vite que je t’emmerde.
Track Name: L'étrange beauté du chagrin
J’ai des larmes sur l’épaule,
Des secrets confiés,
Des soupirs abandonnés,
Coulent comme une rivière de diamants.
Brisures de rêves,
Trêves d’aventures
Et chagrins murmurés ;
J’ai des larmes sur l’épaule comme une rivière de diamants.
L’étrange beauté du chagrin
Brille sur nos épaules.
Joris, j’entends encore tes cris de peur et de colère,
Mon impuissance assourdissante face à ton cancer.
Tes larmes sur mon épaule me crient de vivre fort.
Tes larmes sur mon épaule sont les diamants de ta mort.
L’étrange beauté du chagrin
Brille sur nos épaules.
Sabrina, je vois tes yeux fermés par deux bandes adhésives,
Une larme s’en échapper ; du coma la seule fugitive.
Mes larmes sur ton épaule je ne les poserai plus.
Mes larmes sur ton épaule sont des diamants suspendus.
L’étrange beauté du chagrin
Brille sur nos épaules.
Larme donnée, diamant reçu.
On vit si légèrement,
On aime vraiment et on n’aime plus…
En fait on n’aime plus vraiment.
Diamant donné, larme reçue.
Finalement quand c’est perdu
On n’aime plus, on aime « avant »,
Et puis on aime plus qu’avant.
Larme donnée, diamant reçu.
On s’aime tout en larme et en diamant.
Un chagrin c’est un chemin,
C’est l’amour maintenant.
Diamant donné, larme reçue.
On s’aime tout en larme et en diamant.
Un chagrin c’est un matin,
C’est l’amour pour demain.
L’étrange beauté du chagrin
Brille sur nos épaules.
L’étrange beauté du chemin
Brille sur nos épaules.
L’étrange beauté du matin
Brille sur nos épaules.
L’étrange beauté du chagrin
Brille sur nos épaules.
L’étrange beauté du chagrin…
Track Name: Les tartelettes
Marie, mariée et mère de trois enfants
Marie, mariée depuis plus de vingt ans
Marie, mère du premier il y a dix neuf ans
Du second depuis seize ans
Le dernier a onze ans
Marie, mariée et mère de trois enfants
A eux trois ils ont quarante et un ans
Mais il y a vingt ans
Seul l’élan
Et le sentiment
Nourrissant
Maintenant
L’heureux sentiment mange
Les tartelettes au citron :
Pour la pâte : 300g de farine, 150g de beurre, 3 cuillères à soupe de sucre, 8cl d’eau, 1 pincée de sel…
Mélangez la farine, le sucre et le sel. Incorporez le beurre jusqu’à obtention d’une semoule grossière. Incorporez rapidement l’eau et laissez reposer en boule.
Marie, mère et mariée sans amant
Marie, mère depuis presque vingt ans
Marie, mariée à un jeune homme brûlant
A un jeune père aimant
A un homme ronronnant
Marie, mère et mariée sans amant
A eux trois son cœur a aimé cent ans
Elle a eu vingt ans
Pleine d’élan
Et de sentiment
Nourrissant
Maintenant
L’heureux sentiment mange
Les tartelettes au citron :
Pour la crème : 80g de sucre roux, 50g de beurre, 3 œufs, 3 citrons…
Battez les œufs avec le sucre puis ajoutez les zestes et le jus des 3 citrons ainsi que le beurre fondu.
Marie, mariée et mère de trois enfants
Marie mère et mariée sans amant
Marie se vidant, remplissant
L’autre aimant
L’autre marchant
L’autre rêvant
Marie mère mariée va se vidant
Trois verbes remplissent le monde des vivants
Elle n’a plus l’élan
Ni le sentiment
Nourrissant
Et pourtant
L’heureux sentiment mange
Les tartelettes au citron :
Etalez la pâte et découpez-la à l’aide des moules à tartelettes. Garnissez les moules beurrés de pâte et remplissez de la crème au citron…
Marie, aimer, un sacrifice vexant
Marie, marcher, lécher l’ombre qui est devant
Marie, rêver, à travers les enfants
A travers le mari
Marie à travers dormant
A travers la cuisine se répand
L’odeur des ans
Le vide cuisant
Le verbe mourant
Les tartelettes sont hors du four car maintenant
Marie a la tête dedans.
Track Name: A nos corps ironiques
A nos corps symboliques.
Une main tendue qu’elle salue ou qu’elle secourt en dit plus qu’un beau discours sur l’humanité. Donner puis recevoir, recevoir pour donner et non donner pour recevoir, recevoir puis donner.
A nos corps symboliques.
Un cœur ça cogne nos émotions d’hommes et de drames, nos peurs d’enfants, colère et haine. Aime et tolère il sera grand ce cœur qui cache nos émotions de comédies et de femmes.
A nos corps symboliques.
A nos pieds sur la Terre.
A nos têtes dans la lune.
A nos chairs éphémères.
A nos corps symboliques.
A nos yeux en forme d’âme,
Cette locataire pleine de rancune
Contre le temps qui les entame.
A nos corps ironiques.
A nos chairs éphémères.
Corps et âme.
A nos corps médiatiques.
On nous vend une image. Sur nos cerveaux serviles souffle le vent de l’uniforme ; souffrent nos corps non-conformes vides de leur propre beauté. On nous vend le vent et ses ravages, pourquoi acheter ?
A nos corps médiatiques.
Je me présente, me représente, je le présente, il me présente, on se représente en société. Tout vides. Quand le présent sera passé, qu’on sera vieux, on saura mieux aimer avec des rides ?
A nos corps médiatiques.
A ce corps qu’on espère.
A ce corps qu’on présente.
A nos chairs éphémères.
A nos corps médiatiques.
A cette image qui ronge l’âme
Locataire d’un corps qui nous hante
Pendant que le temps nous l’entame.
A nos corps ironiques.
A nos chairs éphémères.
Corps et âme.
A nos corps érotiques.
L’esthétique n’est pas l’essence de nos plaisirs, ne prend pas sens dans la naissance de nos plaisirs. Otez l’esthétique. Laissez vos sens vous éblouir, vous envahir d’envies énigmatiques. Osez remplir vos corps érotiques
De regards, de murmures qui s’égarent parmi toutes les secondes de toutes les minutes de toutes ces heures de trop. Elles ne sont plus qu’un parfum, qu’un soupir qui retient la seconde de la minute de l’heure qui s’étire sur la peau.
A nos corps érotiques.
A nos sens du mystère.
A nos sens infinis.
A nos chairs éphémères.
A nos corps érotiques.
A cet instant qui gonfle l’âme
Locataire d’un corps qui oublie que sans trêve le temps l’entame.
A nos corps ironiques.
A nos chairs éphémères.
Corps et âme.